Bernard Poulet "En long et en large"
"Hommage aux viticulteurs""La Revue du Vin de France » a écrit il y a quelques années : « Bernard Poulet : Grand spécialiste des vins de la Vallée de Loire".On peut affirmer aujourd’hui que les régions du Languedoc et de la Bourgogne sont également devenues ses "spécialités".
Monsieur Poulet est né en Corrèze, d'où dans le passé, beaucoup de commerçants partaient vers le Nord de la France (surtout vers Lille) ou vers la Belgique pour s'installer comme marchand de vins.
"C'est ainsi que cela s'est également passé avec mon grand-père, nous explique Monsieur Bernard Poulet. Avant la deuxième guerre mondiale, il prenait la route vers Bruxelles pour y vendre des vins de France, principalement les vins de Bordeaux de la famille Nony. Mais quand la guerre a été déclarée, il a été obligé de rentrer d’urgence en France. Hélas les Allemands lui ont dérobé le stock invendu qu'il ramenait chez lui. Après la guerre mon père, Jean Poulet, a rejoint mon grand-père. Ensemble, dans ces années 1950, ils ont repris la route vers la Belgique. La réputation des Belges comme amateurs de bons vins, étaient bien connue déjà à cette époque. Suite à la guerre le vin manquait et ils en furent particulièrement bien accueillis".
Bien que d'origine Française, la famille Poulet a rapidement tissé des liens avec la Belgique. Il était donc prévisible que le jeune Bernard Poulet parte aussi pour le Nord.
"J'ai grandi dans le monde du vin et j'ai toujours apprécié le contact avec les viticulteurs. Travailler pour défendre leurs productions était pour moi quelque chose d'évident. J'ai donc suivi ma formation à Beaune, et ensuite j’ai eu la chance de faire de multiples stages dans des vignobles à travers le monde. A mon retour, j’ai rejoint mon père, pour travailler à ses côté quelques mois jusqu’à son départ pour sa propriété du Beaujolais le Château Lagrange Cochard".
Mais là où le "père Poulet" vendait surtout des vins de Bordeaux et du Beaujolais (de son Domaine à Villié-Morgon, acheté en 1962), son fils Bernard allait mettre en avant bien d’autres régions Françaises, dont la Bourgogne où il trouvait des vins plus fins qu’à Bordeaux. Une autre vision, qui amenait souvent des discussions houleuses entre père et fils.
"En 1974, j’ai créé ma première société (Lips) , et en janvier 1980, j’ai racheté celle de mon père. C’est donc au début des années 1980 que j’ai importé mes premiers Domaines Français et c’est, en premier lieu, vers les vins de la Vallée de la Loire que je me suis dirigé. D’abord à l’époque, la plupart des appellations étaient rares et méconnues en Belgique, ensuite parce qu’ils étaient d’un formidable rapport qualité prix et aussi parce qu’ils avaient une rotation rapide dans les restaurants. Avec les années, la qualité n’a jamais cessé d’augmenter dans ce beau Pays de Loire".